Monday, May 16th, 2022

INDECT : Big Brother en Europe ?

Les technologies développées par le projet INDECT signeront-elles l’arrivée d’un système orwellien dans notre société ? Non, selon l’Europe, qui finance INDECT. Et même : cela profiterait à notre vie privée…

INDECT : Big Brother en Europe ?

Vous voilà maintenant au rendez-vous pour la troisième étape de notre exploration du projet INDECT, vous savez, ce projet qui vise à détecter tout comportement suspect, ou toute menace sur Internet et dans la vie réelle via les caméras de surveillance.

Une vidéo plutôt anxiogène et un brin conspirationniste réalisée par les « Anonymous » explique à sa façon le projet INDECT : « le système pourra tout voir, tout entendre, tout analyser ».

Alors, sommes-nous à l’aube d’un monde « orwellien », face à un futur « Big Brother » ? Un peu comme dans « Minority Report », où l’on empêche les crimes en les prévoyant ? Selon Christoph Kautz, la technologie développée par INDECT, qui se termine fin 2013 (dans huit mois donc), n’est pas du tout mature.

« Il ne s’agit que d’un projet de recherche. Nous ne sommes mêmes pas sûrs qu’à la fin, ce que les chercheurs auront développé pourra être utilisé », avoue-t-il. 11 millions d’euros jetés par les fenêtres ? « C’est comme cela que fonctionne le progrès : on effectue des recherches, et on ne peut pas s’attendre à des résultats immédiats. Tout au moins, on peut probablement s’attendre à des avancées. »

A ceux qui s’inquiètent pour leur vie privée, qui craignent d’être fichés, de voir leur visage stocké dans une base de données, leurs échanges sur Internet, leurs trajets dans la rue compilés, Christoph Kautz l’assure : « une fois qu’un système opérationnel sera conçu », pas avant 2020 probablement, « et qu’il sera commercialisé, les administrations devront respecter les lois internationales de protection des données. »

Et d’ajouter : « INDECT n’a pas pour but d’installer plus de caméras de surveillance. Au contraire, en rationalisant leur utilisation, on réduira le nombre de données enregistrées, et on réduira au maximum toute intrusion dans la vie privée des individus ».

« L’être humain toujours derrière »

INDECT a beau avoir pour but de créer un système automatisé, « l’être humain restera toujours derrière, que ce soit la caméra ou l’outil de surveillance d’Internet. C’est lui qui prendra les bonnes décisions, si le comportement repéré est véritablement suspect. »

Selon Christoph Kautz, le fait d’utiliser une machine est même bénéfique : « un système de détection automatique aura un comportement plus objectif et moins discriminant qu’un humain, qui a tendance à classer les individus selon des stéréotypes. » Mais cet humain subjectif vérifiera le caractère « suspect » ou « anormal » de ce qui aura été détecté par la machine. Pas du tout contradictoire…

http://en.wikinews.org/wiki/File:INDECT-400px.ogv?embedplayer=yes

Selon les chercheurs d’INDECT, la technologie développée prévoit de flouter les visages (sur les images des caméras, sur les photos et vidéos du Web) et d’anonymiser les données en général.

« Afin que la phrase ‘vous n’avez rien à craindre si vous n’avez rien à vous reprocher’ devienne réalité », INDECT s’engage à ce que son système respecte les lois européennes de protection de la vie privée, nationales et internationales, comme la Charte des droits fondamentaux de l’UE, la Convention européenne des droits de l’homme ou encore l’Acte de protection des données britannique.

INDECT met en outre en avant l’existence d’un « bureau éthique » au sein du projet, composé d’experts de la protection des données et d’universitaires. Ce bureau est chargé de surveiller les outils développés et d’évaluer leur respect de la vie privée.

« Le contraire d’un Big Brother »

Quant au caractère « suspect » des comportements détectés, « le fait d’être détecté par le système ne signifie pas que l’on est coupable, et aucun enregistrement ne sera conservé indéfiniment, sauf en cas de raison légale particulière ».

La police sera ainsi capable d’utiliser les données stockées lors de certaines enquêtes. Les données transmises par l’opérateur à la police dans ce cas de figure seront chiffrées et décodées (grâce au « tatouage numérique » réversible) uniquement à la demande des personnes autorisées.

« Le but d’INDECT n’est pas du tout d’établir un système façon « Big Brother », mais de rendre un certain type de travail (la surveillance humaine des images des caméras et des données échangées sur le Web) plus efficace. C’est peut être même le contraire d’un « Big Brother », puisque le nombre de données stockées sera réduit. »

A suivre, l’avis de deux spécialistes en matière de surveillance high tech, qui n’ont pas forcément un avis aussi positif sur INDECT…

site origine https://www.cnetfrance.fr/news/indect-big-brother-en-europe-39789266.htm

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